Par Lauriane Raymond
Il y a cinq ans, mes parents et mes sœurs sont allés visiter une maison en disant que jamais on ne la choisirait, car le terrain était beaucoup trop petit. Alors, je suis restée chez moi pour écouter un cours de math en ligne (qui, pour info, n’avait servi à rien!) parce que mes parents m’y ont obligée. « L’école, c’est beaucoup plus important que visiter une maison qu’on ne choisira pas », qu’ils m’ont dit!
Qu’est-ce qu’ils ne me disent pas quand ils reviennent? « On a eu un coup de cœur, on la prend! » J’ai toujours eu une petite frustration de ne pas l’avoir visitée et choisie avec eux. Moi qui aime décider ce que je fais et ne pas me faire dire quoi faire, je n’ai pas été chanceuse sur ce coup-là!
Pendant tout ce processus de déménagement, j’ai été très mitigée vis-à-vis de cela. À ce moment-là, j’avais environ douze ans et j’étais en plein dans ma première année de secondaire. Comme pour beaucoup de monde, c’est une grosse étape, mais aussi l’année où tu te fais des amis qui te suivront tout au long des cinq années du secondaire. De savoir que je devrais refaire le même processus dans une autre école l’année suivante, en sachant que tout le monde aurait déjà une gang d’amis établie, était une source de stress assez importante pour moi. Ça voulait aussi dire que j’allais devoir quitter mes amis que je m’étais faits là-bas, à mon école secondaire de Québec.
Une autre chose était que j’allais complètement changer de style de vie. Je suis née à Québec et j’avais toujours vécu dans la ville. Pour moi, la campagne, ça ne voulait un peu rien dire de positif à part la tranquillité. Je passais d’être à dix minutes à pied de presque tous les magasins et restaurants, habiter près de tous mes amis et de toute ma famille, connaitre toutes les rues de mon quartier et avoir ma petite routine de citadine bien établie, à n’avoir plus aucun repère et être loin d’ABSOLUMENT tout. Un des seuls points positifs que je voyais était que je n’aurais plus besoin de marcher quinze minutes matin et soir, même en hiver, jusqu’à mon arrêt d’autobus pour aller à l’école.
Je peux vous dire que ça m’a fait un choc. Tout est différent quand tu passes de la ville à la campagne. C’est encore plus différent quand tu déménages pour avoir des petits animaux poilus dans ta cour! Parce que oui, on est venu ici pour avoir un élevage d’alpagas, ce n’était pas juste pour relaxer à l’abri de l’action et des bruits de la ville.
De base, c’était le projet de ma mère et, par défaut, c’est un peu devenu le nôtre. Évidemment qu’on fait notre part, mes sœurs et moi sommes toujours là lorsque nos parents ont besoin d’un coup de main. Pour ma part, je préfère les aider avec les produits dans la boutique et le matériel à préparer pour les évènements que nous organisons à la ferme, mais je me mets aussi parfois à l’action avec les animaux.
Malgré le fait que je n’étais pas convaincue d’aimer le changement auquel j’étais confrontée, au fil des années, je m’y suis faite! J’adore nos petits alpagas, ils sont tout doux et trop mignons!
Par contre, je dois quand même dire qu’une partie de moi est toujours une fille de ville!