Bienvenue dans notre nouveau blogue! Nous y partagerons nos émotions et notre vécu, histoire de vous divertir ou de vous faire réfléchir. Nous écrirons avec notre cœur et avec notre vrai cerveau, sans intelligence artificielle. Vous nous lirez dans toute notre simplicité, avec notre énergie habituelle et nos vraies couleurs.
Nous avons choisi d’appeler ça : le Blogue Toudou! (haha! Bonjour l’originalité!)
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Maintenant, je passe au « je ». Qui suis-je? Caroline Vézina, fière fermière et éleveuse d’alpagas! Comme premier article, je trouvais approprié de vous parler de mes premières fois. Attention, rien de croustillant, juste du pro! Quand on se lance dans une aventure, on s’attend évidemment à rencontrer plusieurs « premières fois ». Certaines sont plus marquantes que d’autres.
Il y a d’abord la première fois où Frédéric m’a dit oui. Ben, je veux dire, la première fois où il a répondu « oui » à la question « Est-ce qu’on démarre une ferme? » J’ai répété cette question-là plusieurs fois dans notre vie à deux, à certains moments charnières qui me semblaient être appropriés pour partir une grande aventure. J’en étais venue à toujours attendre un non. Mais oh, quelle surprise d’entendre finalement un oui! Ça y était enfin! C’était excitant!
Ensuite, il y a eu la première fois où j’ai vu un alpaga en chair et en os. Oh wow! J’avais fait des recherches et j’avais trouvé une ferme d’alpagas qui offrait un accompagnement pour les nouveaux éleveurs. Dès mon entrée dans sa grange, j’ai su que c’était ça que je voulais : des alpagas! Je ne savais pas lequel choisir, je les trouvais tous beaux! Avec le temps, évidemment, j’ai raffiné mes critères de beauté…
Et puis, il y a eu la première fois où j’ai débarqué de la voiture dans notre nouveau chez-nous, après un long déménagement de trois jours. J’ai mis le pied par terre, j’ai écouté le silence, j’ai senti les odeurs, je me suis dit « ça y est, je suis chez moi ». Mes yeux picotaient.
Après, il y a eu la première fois où j’ai vu mon papa et mon oncle arriver dans leur gros camion orange, leur tasse de café en main, la boite de pickup remplie d’outils et le sourire fendu jusqu’aux oreilles. « Bon! Par où on commence? » Ça a été un été merveilleux sur le plan humain. On a tout préparé pour l’arrivée des alpagas, un projet après l’autre, avec un tour de vis et un coup de scie. J’avais le cœur gros à la fin de l’été, la routine allait encore changer.
Et puis, enfin, finalement, après tous ces travaux, après toute notre préparation, il y a eu l’arrivée des alpagas! Oh my god! Là, je vous imagine, en train de me lire, et vous vous dites « Câline, elle devait tellement être contente, énervée, excitée! Elle ne devait plus tenir en place! ». Ben non. Désolée. J’avais une migraine carabinée et je me demandais comment j’allais passer à travers ma journée. J’étais exténuée, stressée, anxieuse. J’avais peur. Le trailer a fini par arriver, nos quatre alpagas ont emménagé dans la grange fraichement rénovée pour eux. On accueillait alors Rainbow, Muscade, Deanna et McFly. On a eu le temps de poser quelques questions, et on s’est retrouvés tout seuls. On a passé du temps avec nos nouveaux amis, juste pour le plaisir de les voir et de les entendre hummer (leur manière de communiquer). Je n’y croyais pas, et pourtant, c’était bel et bien le début de quelque chose de merveilleux.
Et là, ce même jour, il y a eu la première fois où j’ai fait la routine de soins des alpagas. Je me vois encore, avec mes bottes à cap roses, marcher vers la grange d’un pas plus ou moins assuré, la migraine encore présente, le cœur serré et rempli de doutes. « Oh my god! Dans quoi est-ce que je viens de m’embarquer?? J’ai la grande responsabilité de m’occuper de quatre alpagas, quatre êtres vivants. Ils ont besoin de moi. » Serais-je à la hauteur? L’avenir me montrera que oui!!
Dans les mois qui ont suivi, il y a eu une tonne de premières fois, pas toutes marquantes, mais toutes pleines d’apprentissages. La première fois où j’ai appelé ma mentore pour une question niaiseuse, la première fois où j’ai flatté mon alpaga, la première fois où je suis tombée par terre en essayant d’installer un licou parce que l’alpaga a bougé trop vite, la première fois où j’ai mis mes mains dans le fumier, la première fois où j’ai ri en voyant un alpaga pronker (sauter en l’air en même temps que courir! C’est toujours drôle!), la première fois où j’ai réussi à prendre une marche ben chill avec McFly et Muscade en laisse, la première fois où j’ai tondu les alpagas (ouch… je vais garder mes photos pour moi…), la première fois où j’ai reçu mon fil à tricoter fabriqué avec la fibre de MES alpagas, la première fois où je suis allée à l’hôpital vétérinaire de Saint-Hyacinthe avec Deanna parce qu’elle faisait une torsion utérine, la première fois où je me suis assise dans le pâturage avec mes cocos juste pour les voir brouter, la première fois où on a rentré du foin dans la grange, la première fois où j’ai vu un ver dans le caca d’alpaga…
À travers tous ces petits moments du quotidien, il y a des moments qu’on n’oubliera jamais, pour le meilleur et pour le pire.
Parce qu’il y a eu la première fois où j’ai dû prendre la décision difficile de faire euthanasier un de mes alpagas chéris. Mon Muscade d’amour était malade, on l’avait fait opérer à Saint-Hyacinthe et il passait sa convalescence chez nous, à la ferme. Normalement, ça aurait dû prendre quelques semaines de soins avant son rétablissement. Il y a eu des complications, son état s’est dégradé, on n’avait plus de réels choix. Je vous dis pas à quel point j’avais le cœur en mille morceaux, à quel point je souffrais d’avoir perdu mon petit Mumu, lui qui avait fondé notre troupeau. J’ai beaucoup pleuré. Je vous ai annoncé son décès sur Facebook le soir, et le matin, en ouvrant mon téléphone, j’ai reçu une vague d’amour tellement grande que j’ai encore pleuré. Cette fois, je pleurais de surprise, de reconnaissance et de soulagement. Vous avez été tellement généreux dans vos messages, juste d’y penser me bouleverse encore. J’ai su à ce moment-là que notre ferme, notre belle Ferme Toudou, continuerait son aventure, envers et contre tout. J’ai su que vous seriez toujours là pour nous transmettre votre énergie, pour nous donner le petit coup de pouce pour continuer. Je le dis très sincèrement, vous m’avez énormément aidée à passer à travers ce deuil-là. Merci.
La vie de fermière, c’est aussi de passer de la tristesse intense à la vraie joie en peu de temps. On a beau être triste, la vie continue, et les autres alpagas ont besoin de nous. Alors, on se retrousse les manches et on repart. Les émotions suivront le beat, pas le choix!
Parce qu’il y a eu aussi la première fois où un bébé alpaga est né à la ferme, et ça, c’était une vraie belle joie! Une joie angoissante, mais une vraie belle joie pareil! La première alpaga qui est née à la ferme, c’était Jujube. C’était angoissant, parce que sa maman avait fait une torsion utérine. Tout s’était replacé, mais on ne savait pas si le cria à venir allait avoir des séquelles. Mais non! Une belle naissance parfaite, par un beau jour d’été ensoleillé, un beau petit museau brun qui se pointe, j’étais charmée au plus haut point. Le miracle de la vie avait pris place devant mes yeux, et c’était moi qui étais au premier rang. J’ai tout vu, j’ai tout supervisé (même si j’avais demandé de l’aide à ma mentore), j’ai tout fait comme il faut. J’étais fière de moi, avec raison. Par la suite, les autres naissances m’ont apporté autant de joie et de fierté, en plus de mon assurance qui grandissait à mesure que je supervisais mes femelles. Wow! La vie à la ferme! Ça peut être magique!
J’ai toujours pensé que la réussite de notre ferme ne se ferait pas en silo, que j’aurais besoin des autres pour accomplir pleinement mon rêve. C’est là qu’est venue la première fois où j’ai rencontré plein d’éleveurs en même temps. C’était au show annuel des alpagas, organisé par notre association provinciale. Je me souviens que je me sentais imposteure. Veux-tu bien me dire ce que je fais ici, entourée par des éleveurs d’expérience? Qu’est-ce que j’ai à offrir, moi, la petite Caro? Alors, armée de mon mojo, je me suis lancée. J’ai rencontré d’autres petites Caro qui, comme moi, se demandaient ce qu’elles faisaient là. J’ai rencontré des éleveuses que j’admirais grandement (parce que les noms des fermes circulent et on en vient à connaitre les bons coups des autres). J’ai rencontré de magnifiques alpagas que j’ai pu comparer aux miens (et que, selon mon point de vue, étaient aussi bons!). J’ai rencontré de belles personnes et j’ai tissé des liens avec elles. Certaines sont même devenues des amies!
Et puis quoi? J’ai dit que j’aurais besoin des autres pour réussir. Oui! J’ai besoin des clients et des visiteurs! Alors, inévitablement, il y a eu la première fois où nous avons ouvert les portes de la ferme aux visiteurs. C’était pour l’évènement haut en couleur de la Route des arts et saveurs. C’est une fin de semaine complète où les gens arrivent avec le sourire et repartent, complètement charmés par nous, par notre vision, par nos beaux alpagas, par nos jolis produits de qualité. J’étais tellement nerveuse de tout préparer plusieurs semaines avant, d’avoir assez de stock pour ne manquer de rien, je voulais me sentir prête. Ma petite famille était là, évidemment, mais ma famille élargie aussi. Mes parents, mes sœurs, mes nièces, mon beau-frère, mes beaux-parents, ma tante, mon oncle… Tout le monde avait hâte de voir comment ça allait se passer. Et tout le monde a capoté quand j’ai donné le chiffre des ventes le dimanche soir. C’était une réussite totale et complète!
Et au milieu de cette première fois, il y a eu aussi la première fois où j’ai vendu un tricot à une cliente. J’avais déjà vendu plusieurs tricots à des membres de ma famille, à des amies, mais aucun encore à des gens extérieurs à mon cercle. Je ne sais pas si la dame me lira, et si elle se reconnaitra, je l’espère. On se rappelle que c’était notre première ouverture au public. Notre boutique était présentable, mais on avait meublé comme on avait pu, avec des étagères en métal et une table de patio en plastique (avec une nappe dessus quand même…). C’était correct, mais pas tant élégant. J’avais disposé mes tricots sur la table, c’était beau, plein de couleurs naturelles, des bandeaux surtout, quelques tuques et quelques cache-cous, c’est pas mal tout. Et là, la dame regarde, elle prend un cache-cou brun, une tuque brune et un bandeau brun, un kit!! Oh my god! Tout ça?? Ça voulait dire qu’elle trouvait ça beau? Je venais pour la première fois de me sentir légitime dans mon affaire. J’avais maintenant le droit de vendre mes tricots, quelqu’un avait trouvé ça beau. Et moi, timide, je m’avance vers la dame, et je la remercie, les yeux pleins d’eau. Pauvre elle! Tellement surprise, je crois l’avoir mise mal à l’aise. Désolée, ma chère dame, mais merci tellement!
Depuis, nous avons accumulé un nombre effarant de premières fois. Ça fait cinq belles années qu’on fait grandir notre ferme, à notre image et à notre rythme. Vous êtes nombreux à nous trouver inspirants, vous nous l’avez dit et redit. C’est vrai que ça prend une bonne dose d’audace pour se lancer dans une aventure comme la nôtre. Tout quitter pour faire vivre un rêve, il faut être game, je vous l’accorde. Mais si vous avez une chose à retenir de mes deux-mille mots d’aujourd’hui, c’est qu’un rêve prend forme avec nos bons coups, mais aussi avec nos doutes, nos remises en question, nos rencontres, nos réflexions, et surtout, avec nos émotions. Les dents de scie, c’est pas juste bon en construction!
Par Caroline Vézina
Wowww que j ai rentrée dans ton histoire de 5 ans c est beaucoup de beaux moments et souvenir de toi et les alpagas.
C est vous qui m aide a les découvrir et a avoir des belles histoires
Merci Annick! J’aurais tellement pu en écrire plus de beaux moments et de souvenirs! La vie avec des alpagas est très riche en expériences nouvelles! 🙂